Projets de classe en télécollaboration

tlcollaborationAvec Internet, il est  possible d’entrer facilement en contact avec des classes du monde entier et de monter des projets en langue française. Ces projets permettent de mettre en place des activités à la fois motivantes pour les apprenants et pertinentes au niveau pédagogique.

En effet, les projets en télécollaboration favorisent l’utilisation de la langue-cible en situation de communication réelle, ouverture sur le monde, transdisciplinarité, moteur de solidarité et de cohésion entre les élèves…

Télécollaboration ?

Dans le cadre de ces projets, les élèves recueillent ou créent des informations pour le compte de leurs partenaires et en reçoivent en retour. Même dans les échanges les plus simples, il est bon que tous les participants tirent profit de leur participation. Ainsi, ils sont à la fois créateurs et consommateurs d’informations. Cette réciprocité et la poursuite d’un objectif commun fondent le caractère collaboratif des échanges.

Les classes liées par ces projets sont en général issues de pays différents, d’où le fonctionnement “à distance” (télé) de ces échanges.

D’après Micheline Maurice, la télécollaboration est une activité structurée qui se réalise à distance, pour laquelle sont employés un ou plusieurs moyens de communication et de collaboration en ligne pour échanger, rassembler et analyser des informations dans le cadre de la réalisation d’une tâche.1


Sommaire


Pourquoi faire un projet en télécollaboration ?

Et si vous montiez un projet de télécollaboration ? Il doit toutefois répondre à un besoin réel et réclame de votre part une véritable disponibilité. Comme tout projet, il risque en effet d’empiéter sur votre temps personnel et celui de vos étudiants – mais c’est le propre de toute activité réussie que de déborder des limites de la classe !

La télécollaboration apporte des réponses à toutes sortes de situations : vos élèves manquent de contacts en langue étrangère, ils aimeraient interroger des spécialistes ou des personnalités de la culture-cible, ils ont des connaissances à partager, ils ont à l’inverse besoin d’informations introuvables par les moyens électroniques ou traditionnels, il leur faut des collaborateurs pour réaliser un projet…

Pour bien commencer, il faut viser le bon projet, c’est-à-dire celui qui correspond aux besoins de vos élèves, à votre disponibilité, aux moyens techniques mobilisables et à votre expérience.

Des projets simples

Ces projets s’adressent en particulier aux enseignants peu habitués à utiliser les nouvelles technologies en classe ou bien à des publics d’élèves débutants qui doivent se concentrer sur le travail scolaire plutôt que sur les moyens techniques.

Ils présentent les caractéristiques suivantes : des classes ou des groupes d’élèves communiquent par courrier électronique ou via un forum, un blog. Ces messages permettent de recevoir et d’expédier un travail fait en classe, de réagir aux contributions des autres participants…

Ces projets sont courts et faciles à gérer, souvent ludiques ou du moins attrayants et dynamiques (jeu, défi…). Leur simplicité permet de les intégrer dans divers styles d’enseignement et de les rapprocher de divers objectifs pédagogiques. Les productions à fournir étant légères, les participants peuvent plus ou moins s’impliquer dans le projet sans en compromettre le succès global. L’usage de l’ordinateur et d’internet est limité, ce qui permet d’associer des établissements peu dotés en informatique.

Des projets plus complexes

Destinés aux professeurs expérimentés en matière de projet télécollaboratif, les projets complexes accordent autant d’importance au processus qu’à la production : ils requièrent davantage de connaissances informatiques et un usage plus important de l’ordinateur par les élèves. Ils nécessitent une réelle expérience de la gestion de projets et de la gestion de classe en relation avec l’informatique.

Pour mener le projet collectif à bien, les enseignants doivent partager une même vision des objectifs et du processus requis. Chaque classe doit sérieusement s’impliquer dans l’activité et réaliser sa part de la tâche, sous peine de compromettre le succès de la télécollaboration.

Comment définir le bon projet ?

Il n’y a pas de télécollaboration idéale : il n’existe que des projets plus ou moins adaptés à votre contexte d’enseignement. Voici quelques questions à vous poser pour évaluer une idée ou une proposition d’activité.

Les objectifs du projet sont-ils clairs ?

Le projet doit comporter des objectifs précis, tant généraux que spécifiques. Ils vous permettront d’évaluer l’adéquation du projet avec vos objectifs pédagogiques (part de travail sur la langue-cible, sur l’écrit, sur l’oral, implication ou non d’autres disciplines enseignées (transdisciplinarité), orientation culturelle, artistique, scientifique…).

Le projet répond-il à un véritable besoin de mes élèves ?

S’il peut pallier un manque ou résoudre un problème, le projet sera d’autant plus efficace et facile à mettre en œuvre. Celui-ci peut être de nature très diverse : problème de motivation, manque de pratique orale en dehors de la classe, difficultés à l’écrit, nécessité de faire des liens entre le français et d’autres matières… Cependant les projets sont aussi valables pour les classes qui ne rencontrent pas de problèmes particuliers !

Attention aux projets séduisants qui parfois se concentrent davantage sur la technologie que sur la pédagogie : construire un site internet est par exemple une activité intéressante mais il ne faut pas délaisser le fond au profit de la forme. L’apprentissage doit rester au cœur du projet.

L’organisation du projet est-elle claire ?

Qui fait quoi ? Le projet doit bien préciser quelles seront les tâches à mettre en place et comment elles seront attribuées. Sont-elles réparties entre les classes ou chaque classe fait-elle la même chose que les autres ? La seconde solution est parfois plus facile à gérer, surtout pour une première expérience de projet.

Dans tous les cas, tous les participants travaillent pour la même finalité et connaissent les différentes étapes à atteindre, qu’ils soient impliqués dans leur réalisation ou non.

Le projet doit aussi comporter une durée (un semestre, une année scolaire…), une date de début et de fin et, pour les réalisations les plus longues ou les plus complexes, un calendrier des principales phases.

La réalisation du projet est-elle techniquement accessible ?

Avant de s’engager dans un partenariat, il est bon de vérifier que les conditions pratiques du projet peuvent être remplies  : faut-il se procurer un logiciel spécifique ou des outils informatiques communs suffisent-ils ? Disposez-vous d’une personne compétente en cas de difficultés techniques ?

Les projets à fort caractère multimédia sont très séduisants mais il est préférable de ne les sélectionner que si les ressources, tant matérielles qu’humaines, sont réellement disponibles. Il serait en effet dommage que la technique prenne le pas sur la pédagogie et que l’enseignant passe son temps à tenter de résoudre des casse-tête informatiques !

Le projet débouche-t-il sur des résultats concrets ?

Quelle est la finalité matérielle du projet ? Quel est le “produit fini” visé par le projet au-delà des apports de l’échange : un journal ? un site web ? une banque d’informations ? une exposition ?

Un bon projet doit avoir une fin précise et programmée : si à la fin de l’année, après de multiples échanges, vous annoncez à vos élèves que le projet est terminé parce que ce sont les vacances, ils risquent d’être un peu frustrés. La constitution d’un objet final permet aux élèves de voir le projet progresser et finir. Ils tireront de la fierté du résultat, qui pourrait être exposé dans votre établissement.

C’est aussi utile pour le professeur de faire déboucher le projet sur quelque chose de concret, car ce résultat pourra servir de base pour convaincre de prochains élèves, des collègues ou le directeur d’établissement pour relancer l’expérience l’année suivante.

Mes élèves peuvent-ils participer à une télécollaboration ?

Les projets télécollaboratifs peuvent être envisagés tant à l’école primaire que dans le secondaire (collège et lycée) ou au niveau universitaire. Pour la richesse et la pérennité du projet, il est plus sûr que trois ou quatre classes soient engagées dans l’échange. Cela évite que la collaboration s’arrête complètement lorsqu’une classe se retire. Au-delà de quatre classes, le projet risque d’être un peu difficile à gérer, mais parfois des professeurs expérimentés n’hésitent pas à impliquer une dizaine ou une quinzaine de classes dans les réalisations de grande ampleur !

En général, les contacts ont lieu entre classes entières. Il existe cependant des alternatives à ce fonctionnement : les échanges peuvent aussi se dérouler entre élèves ou groupes d’élèves. On peut également envisager des systèmes mixtes, associant un travail collectif à des activités par groupes. Et si des équipes sont constituées, pourquoi ne pas mélanger les élèves ? Ces groupes internationaux intensifieraient la communication, la télécollaboration et les liens individuels des partenaires. Dans une perspective interculturelle, s’exercer à travailler avec des jeunes d’une autre nationalité peut être très formateur.

Voici une comparaison des types de jumelage :

Jumelage entre élèves

Points positifs

Points négatifs
– engagement personnel de chaque élève.
– implication de tous les élèves.
– difficile à gérer car il faut suivre les productions de chacun des élèves.
– problème des binômes d’élèves qui ne marchent pas bien.
– retombées difficiles à récupérer au niveau du groupe.

Jumelage entre équipes d’élèves

Points positifs

Points négatifs

– répond à des objectifs généraux.
– fonctionne même si des élèves s’absentent.
– problème des groupes d’élèves qui ne marchent pas bien.

Jumelage entre classes

Points positifs

Points négatifs

– facilite le lancement de l’activité.
– favorise la motivation.
– retombées de l’activité plus faciles à récupérer au niveau du groupe.
– moins de problèmes logistiques que la correspondance individuelle.
– s’adapte mieux à des contenus scolaires, et donc souvent perçu comme s’insérant mieux dans les activités traditionnelles de la classe.
– difficile d’impliquer et de faire participer tous les élèves.
– bénéfice personnel pas toujours évident aux yeux des élèves.

Âge et niveau des élèves

La tranche d’âge doit être prise en compte à sa juste valeur. À l’adolescence, les différences d’âge comptent en effet beaucoup. Les élèves de 12 ans diffèrent des étudiants de 16 ou 17 ans en termes de niveau de français, mais aussi de maturité, de capacité de travail ou encore de centres d’intérêt. Les élèves auront aussi tendance à préférer travailler avec des pairs, avec lesquels ils se trouveront davantage d’affinités.

Il faut également noter qu’à âge égal, les niveaux en langue peuvent être très divers. Ainsi, à 15 ou à 18 ans, certains élèves ont déjà une bonne pratique de la langue-cible tandis que d’autres débutent. Veillez à vérifiez le nombre d’années d’apprentissage des élèves partenaires. Il peut être utile aussi de connaître le nombre d’heures de français par semaine, car il varie parfois beaucoup en fonction des pays ou du type d’enseignement.

Si vous envisagez un projet avec un groupe français, voici la récapitulation des classes et des âges des élèves en France :

Lycée
Terminale
Première
Seconde
17 / 18 ans
16 / 17 ans
15 / 16 ans
Collège
Troisième
Quatrième
Cinquième
Sixième
14 / 15 ans
13 / 14 ans
12 / 13 ans
11 / 12 ans
École primaire
CM2
CM1
CE2
CE1
CP
10 / 11 ans
9 / 10 ans
8 / 9 ans
7 / 8 ans
6 / 7 ans

Quel projet proposer à ma classe ?

Le principe de la télécollaboration vous convainc et vous souhaitez l’introduire dans votre classe ? Pour débuter dans ce domaine, le plus simple est de vous rattacher à un projet existant. Il existe de nombreuses banques de projets sur internet (cf. parcours). Pour une première expérience, il est en effet plus facile et plus prudent d’expérimenter un projet sans avoir en plus à le créer et à le conduire.

Les projets potentiels sont très divers. Ils comptent toutefois quelques dénominateurs communs : découverte de l’Autre par le contact et les échanges, apprentissage de l’interculturel, entraînement au travail de groupe, apprentissage des technologies de l’information et de la communication…

Cela étant, tous les projets ne se valent pas : en fonction de l’âge des élèves, de leur niveau, de vos objectifs pédagogiques ou encore des ressources techniques de l’établissement, certaines propositions seront plus adéquates que d’autres. La sélection du projet doit être opérée avec grand soin car une fois la collaboration lancée, il est difficile de revenir en arrière.

Plusieurs types d’échange sont envisageables :

  • des classes partagent des ressources et des activités dans une série d’échanges coopératifs ;
  • une classe utilise l’information et l’aide que ses partenaires lui proposent ;
  • une classe est aidée par un expert qui répond aux questions ou valide des recherches ;
  • des paires d’élèves entretiennent une correspondance individuelle…

Dans la plupart des cas, les projets conduisent les élèves à rassembler et analyser des informations dans le cadre de la réalisation d’une tâche sous la tutelle éventuelle d’un expert du domaine.

Voici quelques types de projets télécollaboratifs :

Entrer en communication avec d’autres

Si la correspondance scolaire a encore de beaux jours devant elle, les pratiques se diversifient de plus en plus et offrent des alternatives à la très classique relation épistolaire.

Enveloppe timbrée

Jumelage de correspondants

C’est la plus classique des télécollaborations. Les étudiants sont généralement jumelés par paires et communiquent par courrier électronique. La communication peut aussi avoir parfois lieu en temps réel par messagerie instantanée. Les sujets abordés sont souvent généraux, personnels ou culturels dans le but de mieux se connaître. Ils peuvent être choisis par l’enseignant ou les étudiants eux-mêmes : école, loisirs, modes de vie, famille, valeurs, coutumes…

Jumelage de groupes d’élèves ou de classes

Les classes étudient ensemble un thème, un sujet ou une matière en s’échangeant des informations pendant une période de temps spécifiée.

Exemples d’activités :

Mener en commun des jeux de lettres :

  • créer des mots-valises, comme la “calamitié”, un “sentiment d’affection qui n’engendre que des désastres. (calamité + amitié)” ou la “vachameau”, un bovin à deux bosses ;
  • inventer des cadavres exquis, tels que “Le tremblement de terre plutôt charmant salit le monde” ;
  • écrire en SMS et savoir décoder “AJT par l’ID du KO, l’AB, AG, CT AT, avant de DCD” (“Agité par l’idée du chaos, l’Abbé âgé s’était hâté avant de décéder”) ;
  • transformer une certaine fable à propos d’une grenouille et d’un bœuf en “La grenadine qui se fait aussi grosse que le bobsleigh” ;
  • placer des mots imposés dans une rédaction libre ;
  • composer des centons en mêlant dans un texte des extraits d’œuvres célèbres.

Rencontres virtuelles

Après une période de préparation, la classe “rencontre” virtuellement une personnalité (professionnel, artiste, scientifique, expert, auteur…) par courrier électronique, messagerie instantanée, vidéoconférence…

Jeux de rôle

Seuls ou en groupes, les élèves choisissent une personne célèbre, adoptent un rôle ou encore créent un personnage et communiquent en fonction de ses attributions. Par exemple, les élèves peuvent revêtir l’identité d’une personnalité historique du pays ou de la région, une profession, un type de caractère, un personnage imaginaire…

Suivi à distance

Par internet, les élèves suivent des voyageurs et observent en direct à travers leur témoignage des phénomènes lointains. Les explorateurs transmettent des données et des renseignements aux élèves, qui en retour peuvent participer à des degrés divers à l’expédition en posant des questions ou en suggérant des pistes d’observation ou de recherche. De nombreux voyageurs au long cours, en particulier des familles, proposent à des classes de devenir leurs correspondants. Des sites tels que Le Routard,  Voyage-Forum et Lonely Planet proposent des forums où passer des annonces.

Inversement, les élèves peuvent devenir eux-mêmes les yeux et les oreilles de leurs correspondants lors de sorties ou voyages afin de transmettre au retour des textes, des images, des vidéos…

Recueillir des informations

Les activités de communication qui impliquent les élèves dans la collecte, l’organisation et l’analyse d’information sont de plus en plus populaires grâce à l’accessibilité croissante au web. Ce type d’échanges entre classes peut impliquer plusieurs groupes sans être trop difficile à gérer.

Quêtes

La quête peut être lancée par l’enseignant ou une classe partenaire. Il s’agit de rechercher des informations pour répondre à des questions, à des énigmes ou encore à des difficultés pratiques. Les élèves doivent accomplir cette “quête” en utilisant des supports traditionnels et/ou électroniques.

Exemples d’activités :

  • organiser une chasse au trésor dans la ville de ses correspondants en se basant sur des informations trouvées sur le web, et les mener à travers différentes étapes jusqu’à un trésor, envoyé au préalable chez un complice (par exemple l’enseignant de la classe, qui déposera le paquet dans le lieu déterminé par les élèves qui ont créé le jeu) ;
  • faire un sondage, une enquête, un micro-trottoir sur la base d’un questionnaire envoyé par les partenaires.

Échanges d’informations

L’échange d’informations est particulièrement intéressant lorsque les élèves sont à la fois créateurs et consommateurs de données, c’est-à-dire quand il y a véritable échange. Le thème des échanges est à définir en fonction de l’âge, des goûts et des aptitudes des élèves.

Exemples de thèmes :

Les activités pratiquées dans la cour de récréation ; ce que je vois par la fenêtre de ma chambre, de ma classe ; une fête dans ma famille…

Exemples d’activités :

Faire des associations :

L’objectif est d’associer les portraits des élèves partenaires aux photos de leur chambre / de l’objet de leur choix / de leur musicien préféré / de leur sport favori / de leur famille / d’un lieu qui leur plaît / d’un événement qui les a marqués… Voici la marche à suivre pour mettre en place cette activité. Dans chacune des classes en télécollaboration, chaque élève fournit un portrait photographique de lui et une image révélant ses goûts, ainsi qu’un texte qui justifie, explique, commente ce choix. Chaque classe transmet ensuite tous ces documents à ses partenaires. À la réception de ces documents, les élèves se mettent par groupes et essaient de rétablir les paires :
– associer les portraits et les images ;
– justifier les associations à l’oral ou à l’écrit (argumenter en faveur de ses choix) ;
– lire les textes associés aux images ;
– suite à cette lecture, vérifier la pertinence des choix effectués ;
– réajuster les associations, si nécessaire ;
– contrôler les associations avec la planche témoin.

Réaliser une production commune

Publication électronique

Banque d’informations, journal, magazine, recueil de nouvelles, d’histoires ou de poèmes, livre, radio voire télévision numérique… Grâce à la qualité sans cesse améliorée des réseaux et des logiciels gratuits, la publication peut désormais prendre diverses formes. Le multimédia, gourmand en bande passante, est de plus en plus accessible car beaucoup d’écoles bénéficient à présent de connections “haut débit” à internet. De plus, des outils de production tels que les logiciels de retouche d’image, de traitement du son ou encore de montage vidéo peuvent être téléchargés gratuitement sur le web. On trouve aussi nombre de tutoriels qui expliquent pas à pas comment prendre en main ces outils numériques faciles d’accès.

Les plus néophytes peuvent aussi publier du contenu sur internet. Les blogs, ces journaux numériques très populaires parmi les jeunes, peuvent être créés en quelques clics et sans connaissances particulières : ils fonctionnent de la même manière qu’une messagerie en ligne telle que Yahoo!, Gmail ou Hotmail.

Exemples d’activités :

  • publier un journal des élèves ;
  • composer un recueil de recettes, de jeux, d’histoires drôles, de nouvelles, de poèmes, etc. ;
  • éditer un magazine multimédia avec des articles comportant des photos, des enregistrements, etc. ;
  • mettre en ligne une radio sur internet avec de la musique, des interviews, des chroniques, etc. ;
  • animer une télévision en ligne montrant des vidéos (informations, publicités, sketchs…) ;
  • faire un roman-photo ;
  • créer le site officiel d’une entité imaginaire (artiste, pays francophone, personnalité historique…) ;
  • créer et enregistrer une chanson ;
  • enregistrer une pièce dialoguée associant les apprenants de lieux éloignés.

Création “à tour de rôle”

Stimulant et plein de suspens, ce type de fonctionnement fait travailler les partenaires à tour de rôle. Chaque classe ou équipe participante contribue à la production d’un objet commun, par exemple un texte, en travaillant dessus puis en le transmettant aux suivants.
Ainsi, les élèves exercent leur compréhension et notent les éléments à reprendre et à respecter lors de la phase de production pour faire une suite valable à l’épisode reçu.

Exemples d’activités :

  • écrire la fin d’un texte commencé par une autre classe ;
  • écrire les épisodes de l’histoire ou du feuilleton à tour de rôle ;
  • écrire une histoire à partir de personnages, d’éléments de narration et de contraintes indiqués par une autre classe ;
  • inventer un autre début, une autre fin ou changer le milieu du texte envoyé ;
  • écrire un dialogue en alternance (les uns font un interlocuteur, les autres font le second) ;
  • sonoriser un texte (le dire, le jouer, le bruiter et l’enregistrer…).

Exposition

Pourquoi ne pas faire déboucher votre projet télécollaboratif sur une exposition ? Qu’elle soit réelle ou virtuelle, l’exposition permet de montrer le travail réalisé par les élèves et de créer un petit événement qui marquera la fin du projet.

Ce “produit fini” est particulièrement attractif pour les étudiants, dont les efforts seront valorisés, mais aussi pour l’administration de l’école qui verra peut-être dans ce résultat une animation intéressante pour l’établissement. C’est une manière aussi de faire la promotion des cours de français auprès des nouveaux inscrits.

L’exposition peut être envoyée et montrée à tour de rôle dans les établissements partenaires ou bien réalisée en plusieurs exemplaires et installée simultanément dans chacun des établissements.

On peut en outre envisager de la montrer dans des institutions francophones locales. Une partie annexe du projet consisterait donc à établir des liens avec ces lieux et à leur proposer d’accueillir les supports pendant un certain temps. Le projet s’inscrit ainsi dans une continuité qui dépasse l’année et le cadre scolaires.

Pour plus d’informations sur la télécollaboration, consulter Prof Inet.

Ai-je besoin d’un équipement particulier ?

L’équipement ne doit pas être un obstacle à la mise en place d’un projet télécollaboratif. Les meilleures réalisations en matière de télécollaboration doivent davantage à l’implication et au travail des partenaires qu’aux ressources techniques. On peut mener de très beaux projets avec une simple adresse de courriel.

De manière générale, les projets collaboratifs impliquent de pouvoir communiquer souvent et facilement avec la ou les classes participantes. Internet est l’outil le plus adéquat car il est rapide et économique si l’établissement est déjà connecté. Les coûts de communication sont bien moindres qu’avec le courrier postal : les partenaires peuvent s’envoyer des dizaines de messages, des images, des documents et ce sans payer de frais de timbres.

Des exemples d’outils pour communiquer par internet

Les modes de communication en ligne sont très nombreux :

— la messagerie électronique, qui permet de s’envoyer des messages et des pièces jointes :

Messagerie électronique

— les forums, où les internautes postent et lisent des informations, posent des questions et rédigent des réponses :

Forum

— les messageries instantanées (“messengers”) pour “parlécrire” (discuter à l’écrit), qui servent aussi à faire des vidéoconférences pour se voir tout en parlant :

Messageries instantanées

Messageries instantanées

Exemples de logiciels gratuits :

Yahoo! Messenger
Pidgin

— les systèmes de téléphonie par Internet pour parler comme au téléphone ;
Exemple de logiciel gratuit : Skype

— les espaces de publication en ligne tels que les sites internet, les blogs et les wikis, où l’on peut afficher des articles, des vidéos, des enregistrements sonores, des images…

Blog

L’accessibilité de ces modes de communication dépend de la connexion dont vous disposez. Si elle est faible ou moyenne, les outils asynchrones tels que la messagerie électronique, les espaces de publication en ligne et les forums sont les plus adéquats. Ils sont particulièrement pertinents aussi pour les classes qui ne disposent pas d’une salle informatique car les élèves peuvent travailler sans ordinateur, avec des documents imprimés et photocopiés.

Avec une bonne connexion à internet, on peut employer des modes de communication synchrones tels que les messageries instantanées, soit dans la version basique (dialogue textuel), soit dans la version multimédia (communication directe audio et/ou vidéo).

Des exemples de supports numériques à créer

Écrits, visuels, animés, sonores… Tous les supports numériques peuvent servir de support à la télécollaboration :

  • textes : lettres, poèmes, récits, sondages, rapports, travaux de toutes sortes ;
  • images : images téléchargées sur internet (en veillant au droit d’auteur), photos prises avec un appareil photo numérique, images scannées (photos, cartes, dessins, documents authentiques…) ;
  • sons : chansons, interviews, enregistrements théâtraux, reportages, fichiers de musique ;
  • films : animations, clips, films amateurs ;
  • documents variés : présentations assistées par ordinateur (PowerPoint, etc.).

Pour que le partenariat ne soit pas en butte à des difficultés techniques, les partenaires ont intérêt à vérifier la compatibilité de leurs équipements informatiques respectifs. Ainsi, les outils employés sur PC ou Macintosh ne sont pas toujours les mêmes.

Il existe cependant des standards aujourd’hui communément employés.

Textes :

Format “texte” (.txt) ou RTF (.rtf) :
Formats basiques, ces documents peuvent être ouverts par tous les ordinateurs mais ils ne permettent peu ou pas de mise en page.

Format “document” (.doc) :
Format le plus commun, généré par les traitements de texte usuels (Microsoft Word, Fonction Writer d’OpenOffice…). Ce format souple permet de faire des mises en page soignées, d’insérer des images ou encore des tableaux. Cependant, en fonction de la version du logiciel utilisée par votre partenaire et de ses caractéristiques (polices installées…), il n’est pas garanti que votre document s’ouvre à l’identique…

Format “PDF” (.pdf) :
Le nouveau standard, qui garantit l’intégrité de votre document.
Pour ouvrir les documents PDF, téléchargez Adobe Reader.
Pour créer des documents PDF, utilisez la fonction Exporter en PDF de OpenOffice Writer ou téléchargez PDF Creator.
Pour convertir vos documents au format PDF, téléchargez Format Factory.

Images :

Formats JPEG (.jpg) et GIF (.gif) :
Le premier concerne les photos, le second les images (logos, pictogrammes, dessins…). Ces deux formats de compressions “allègent” les images et facilitent leur envoi par courrier électronique ou leur mise en ligne sur un blog, un site…

Pour convertir vos images dans l’un de ces deux formats, télécharger Photofiltre.
Pour vous familiariser avec ce logiciel, consultez le tutoriel publié par Francparler.

Son :

Format MP3 (.mp3)
Format universel, le MP3 est reconnu par la majorité des lecteurs courants. Il permet aussi de réduire la taille des fichiers audio.
Pour convertir vos fichiers sonores en MP3 via internet, téléchargez Format Factory.

Notes :

1. Source : “De la correspondance aux projets d’échange à distance. Entretien avec Micheline Maurice”, Le français dans le monde, juillet 2007.

Rédaction : Elodie Ressouches
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